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Psychologue adolescent et jeux vidéo : quand la culture ado devient un outil thérapeutique

gcomtepsychologue
il y a 10 heures
4 min de lecture

Et si les passions d’un adolescent pouvaient devenir une porte d’entrée vers son monde intérieur ? Jeux vidéo, mangas, séries ou réseaux sociaux peuvent parfois soutenir la relation thérapeutique et permettre au jeune de trouver une manière plus naturelle de parler de lui.


À l’adolescence, les jeux vidéo, les mangas, les séries ou encore les réseaux sociaux occupent souvent une place importante dans la vie quotidienne. Ils peuvent parfois devenir une source de tensions avec les parents, qui s’inquiètent du temps passé devant les écrans ou ont du mal à comprendre l’intérêt que leur enfant leur porte.

Pourtant, dans le cadre d’une psychothérapie avec un adolescent, ces univers peuvent aussi devenir de véritables supports pour créer du lien.

Dans mon mémoire de recherche, un thème est revenu spontanément chez tous les psychologues interrogés, sans exception : l’importance des médiations issues de la culture adolescente contemporaine : jeux vidéo, mangas, séries ou réseaux sociaux, dans la création de la relation thérapeutique.


« Rejoindre l’adolescent là où il se trouve »


L’idée centrale qui ressort de ces entretiens pourrait se résumer ainsi : rejoindre l’adolescent là où il se trouve.

Un des professionnels interrogés racontait notamment qu’un suivi particulièrement difficile avait finalement pu se débloquer grâce au jeu vidéo Minecraft. Le jeu est alors devenu un véritable point d’entrée dans l’univers du jeune et a permis de construire progressivement une relation thérapeutique.

Les mangas et les jeux vidéo étaient d’ailleurs les médiations les plus fréquemment citées par les psychologues interrogés.

Il ne s’agit pas nécessairement de faire jouer l’adolescent pendant la séance. Parfois, simplement lui demander de raconter son jeu préféré, de parler d’un personnage de manga ou d’expliquer pourquoi une série compte pour lui peut déjà ouvrir un espace de rencontre.


Quand la passion de l’adolescent devient un point de rencontre


Dans l'accompagnement d'un adolescent, le psychologue peut parfois s'appuyer sur les jeux vidéo, les mangas ou les séries pour créer un espace de rencontre et mieux comprendre son univers. Ces supports ne sont pas de simples « outils d’accroche ».

Ils peuvent créer un terrain commun entre le psychologue et l’adolescent, en réduisant notamment l’écart générationnel qui peut parfois rendre la rencontre difficile.

Lorsqu’un adulte ne connaît pas un jeu, un manga ou une série, demander à l’adolescent de lui expliquer sa passion permet aussi d’inverser temporairement les positions.

Le psychologue n’est plus uniquement celui qui sait, qui questionne ou qui cherche à comprendre. Il devient aussi celui qui accepte de ne pas savoir et qui se laisse guider par le jeune.

Et cela peut changer beaucoup de choses dans la relation.

Pour un adolescent dont les centres d’intérêt sont parfois critiqués ou disqualifiés dans son environnement familial, le fait de pouvoir en parler sans être immédiatement jugé peut également avoir une valeur particulière.


Psychologue adolescent : les jeux vidéo, mangas et séries comme médiations


Un adolescent ne dit pas toujours directement ce qu’il ressent.

Il peut être difficile de dire « je me sens différent », « j’ai peur de ne pas être à la hauteur », « je me sens seul » ou encore « je ne sais pas quelle place prendre ».

En revanche, il peut être beaucoup plus facile de parler d’un personnage qui ressent quelque chose de similaire, d’une histoire qui l’a particulièrement touché ou d’une situation vécue dans un jeu.

Les objets issus du quotidien de l’adolescent peuvent alors devenir des supports d’accès à son monde interne.

Ils permettent notamment de mettre en récit certaines expériences, de projeter des émotions ou d’aborder indirectement des préoccupations qui seraient parfois difficiles à évoquer dans un échange frontal.


Une médiation qui respecte l’univers du jeune


Cette utilisation des jeux vidéo, des mangas ou des séries ne signifie pas que le psychologue doit tout connaître de la culture adolescente ou devenir spécialiste de chaque univers.

Ce qui compte davantage, c’est la curiosité portée à ce qui compte pour le jeune.

Demander à un adolescent de nous expliquer pourquoi il aime Minecraft, pourquoi tel personnage lui plaît particulièrement ou ce qu’il trouve intéressant dans une série peut constituer une manière simple de lui transmettre : « ce qui compte pour toi m’intéresse aussi ».

La médiation devient alors un moyen de construire une alliance thérapeutique qui prend appui sur l’univers réel de l’adolescent plutôt que de lui demander immédiatement d’entrer dans celui de l’adulte.

Les écrans ne sont pas toujours le problème

Les jeux vidéo et les réseaux sociaux peuvent bien sûr soulever des questions lorsqu’ils prennent une place très importante dans la vie d’un adolescent, notamment lorsqu’ils s’accompagnent d’isolement, de difficultés scolaires, de troubles du sommeil ou de conflits familiaux.

Mais leur présence ne suffit pas, à elle seule, à déterminer qu’il existe un problème.

Dans un accompagnement psychologique, il peut être plus intéressant de s’interroger sur la fonction que ces activités occupent dans la vie du jeune : que lui apportent-elles ? Que lui permettent-elles d’exprimer ? Quelle place prennent-elles dans ses relations avec les autres ?

C’est aussi en partant de ces questions que le psychologue peut mieux comprendre l’adolescent qu’il accompagne.


Une porte d’entrée vers le monde intérieur de l’adolescent


Dans la clinique de l’enfant, le jeu constitue depuis longtemps un support important de la relation et de l’expression.

À l’adolescence, les médiations peuvent prendre d’autres formes : jeux vidéo, mangas, séries, musique, réseaux sociaux ou encore références culturelles partagées avec les pairs.

Ces supports permettent au jeune de projeter, raconter et mettre en scène certaines expériences, parfois de manière plus accessible qu’une conversation directe.

Ils ne remplacent pas la parole : ils peuvent contribuer à la faire émerger.

Et parfois, pour qu’un adolescent commence à parler de lui, il faut d’abord accepter de parler avec lui de ce qui fait partie de son monde.


Une réflexion issue de mon mémoire de recherche


Les observations présentées dans cet article sont issues de mon mémoire de recherche mené auprès de psychologues cliniciens exerçant en institution auprès d’adolescents, à l’Université Paris 8 (2026).


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Les consultations ont lieu dans mon cabinet de psychologie à Clamart, avenue Jean Jaurès, dans un cadre confidentiel et bienveillant, adapté au rythme et à la singularité de chaque adolescent.

 
 
 

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